Faut-il interdire les remblais au sable ?

C'est la trosième fois que je vois des tassements différentiels provoqués par de l'eau entrainant du sable sous un revêtement de sol.

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  1. D'abord en dessous du revêtement en klinkers d'une station service où, sur 150 à 200 m2, les klinkers sont descendus de presque 30 cm. Origines :
    1. Le terrassier n'avait pas vu qu'il y avait un drain autour du garage après avoir creusé entre l'immeuble et la route pour y mettre les nouvelles citernes de 30 000 L. Tout a été remblayé au sable jaune.
    2. Mais, entre temps, personne n'avait fait attention à une arrivée d'eau souterraine provenant de la route.
    3. Cette eau souterraine a entrainé 15 à 20 % du sable vers le drain dont le débouché arrivait dans un ruisseau à 200 m de là et où du sable a été retrouvé !
    4. Il a fallu enlever le sable, le remplacer complêtement par du sable stabilisé et refaire tous les klinkers.
    5. Coût : 30 000 € !
  2. En pleine nuit, après des pluies abondantes, le coin d'un immeuble depuis la cave jusqu'au rez-de-chaussée disparait dans un ancien puit sur lequel (?!) le coin était fondé, un ancien puits de phosphate qui avait pourtant été entièrement remblayé. Origine du sinistre :
    1. En fait, après investigations, on s'aperçoit que toutes les eaux de pluie et de cours de la ferme voisine arrivaient près de ce coin.
    2. Ces eaux ont dans un premier temps vidé complêtement le sable en dessous des pavés de la cour, pavés qui tenaient sur le vide !
    3. Puis les eaux ont continué à percoler vers l'ancien puits le vidant petit à petit de toutes les matières solubles ou en petits grains et aussi, sans doute, en dissolvant la craie en dessous à une dizaine de mètre de profondeur.
    4. Tout le remblai du puits est finalement descendu d'un bloc dans la cavité créée.
    5. Coût : 60 000 € y compris les troubles de jouissance, l'immeuble ayant du être évacué.
  3. Et hier, en investigant pour connaitre les raisons de l'affaissement d'un mur mitoyen de plus de 20 cm en son milieu avec arrachement des maçonneries contre l'immeuble, on constate :
    1. Un nouveau béton de cour a été fait il y a 3 ou 4 ans, avant de revendre l'immeuble, béton allant jusqu'à recouvrir une chambre de visite.
    2. Le béton s'est affaissé de 4 cm sur la chambre de visite. J'ai d'abord cru que c'était le couvercle. En le démolissant, on découvre le vrai couvercle en fonte et on constate que cette chambre de visite s'est écartée du mur de 5 cm et s'est affaissée obliquement de 5 à 15 cm, mais on a bétonné tranquillement dessus en la laissant telle quelle. Cette CV reçoit toutes les eaux de pluie des versants arrière et de la cour, ainsi que les eaux usées d'une buanderie et douche.
    3. La chambre de visite en briques est complêtement disloquée et le tuyau d'entrée en PVC est plus bas que le tuyau de sortie.
    4. Mais le plus grave, c'est que tout le sable utilisé comme remblais dans la cour avant de faire la nouvelle dalle de béton a complètement disparu ! On a donc un vide de 20 à 25 cm sur 3,60 m de largeur et 5,34 m de profondeur, tandis que la dalle reste en place (jusque quand?).
    5. Entre temps, l'extrémité du mur mitoyen s'est écroulée au bord de la cour qui surplomble un jardin 2 à 3 m plus bas et une importante fissure du pignon arrière de l'annexe de l'immeuble s'est rouverte avec détachement de brique sous la corniche !
    6. Coût probable : 10 à 15 000 € !

Conclusions :

  • Méfiance en cas de remblais important au sable surtout s'il y a des risques de présence d'eau souterraine ou...
  • des fuites au réseau d'égouttage qui peuvent provoquer les mêmes effets.
  • Il faut privilégier des remblais au sable stabilisé, même si c'est plus cher. Dans le cas de la station service, le supplément pour du sable stabilisé était de 10 000 €.

Jean GLAUDE, 15 mai 2013


Premier constat


Second constat, après démolition du couvercle de la chambre de visite

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