Démolition d'une maison clé sur porte

Un chantier de gros oeuvre à l'abandon depuis septembre 2011
ainsi depuis septembre 2011 !

Qui pourrait croire que cette maison à l'arrêt depuis plus d'un an met en lumière des problèmes de conception graves !

  • Un plan banal "clé sur porte" comme il en existe des centaines...
  • Un plan que des dizaines d'architecte ont déjà dessiné... et réalisé!
  • et pourtant, on se dirigerait vers une démolition !

En savoir plus... 


Démolir cette maison clé sur porte...?


Constat

  1. Maison en blocs d'argex avec 3 niveaux sur hourdis :
    • Rez-de-chaussée : première assise en blocs cellulaires;
    • Premier étage (chambres, bains)
    • Deuxième étage : grenier accessible (hauteur réduite).
  2. Le parement est en blocs d'argex à crépir avec 10 cm d'isolation dans le creux. Sur le futur toit du garage, la bavette Diba en S a été posée en oblique et les blocs ont été maçonnés sur ce "toboggan".
  3. Les hors plomb sont visibles à l'oeil nu il manque des crochets de liaison.
  4. Une charge extrême arrive via la poutrelle métallique et les deux linteaux sur un trumeau de maçonnerie de 1,15 m de large qui doit reprendre 2 niveaux. La charge limite de compression pour les blocs d'argex est dépassée, mais encore plus pour les blocs cellulaire de la première assise. L'asselet devait aussi être échancré pour faire descendre les décharges de lavabo et de douche, suivant les plans de l'architecte.
  5. Tous les asselets sont insuffisants et la charge reprise par les blocs d'argex est à la limite ou dépassée. De plus, l'architecte avait prévu une saignée pour la décharge du W.C. alors que c'est une cuisine derrière dans laquelle on pouvait facilement mettre un cache tuyau.
  6. La première assise de blocs cellulaires est en oblique par rapport au reste et le porte à faux dépasse la limite admissible de 15 mm.
  7. Plusieurs baies de porte sont réalisées avec des morceaux de blocs placés verticalement.
  8. Plusieurs linteaux de baies sont en Skalton simple ou doublé dans des murs porteurs avec charge de hourdis.

Etc.

Pour des raisons évidentes, le nom du promoteur a été effacé de la première photo.


Que retenir ?

  1. Les vrais blocs d'argex ont une limite de portance rapidement atteinte. Les plans de pose des hourdis demande des maçonneries capables de supporter 10 Kg/cm2. C'est à peine la moitié pour des blocs d'argex (ici, 4 Kg/cm2).
  2. Dans la documentation TopArgex, on cite des immeuble familiaux de deux niveaux, pas 3 comme ici. En effet, si on supprime le "grenier", on revient à des valeurs admissibles au rez-de-chaussée !
  3. Les assises en blocs de béton cellulaire ou l'effet pervers de la législation PEB : vérifiez les descentes de charge surtout aux endroits où elles se concentrent. Bien souvent, la limite de compressibilité est dépassée (7 Kg/cm2 pourtant) !
  4. Armer les blocs au rez-de-chaussée pour répartir les charges améliorera peut-être une situation limite.
  5. Faites appel à un ingénieur.
  6. N'oubliez pas de faire les essais de sol avant d'entamer le chantier. C'est une cause de nullité de la garantie des assurances RC.

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