Tout ça pour 15 € l'heure...

Avez-vous déjà calculé combien vous gagnez réellement ?

Des euros en billet

Avez-vous déjà pris la peine de noter dans un tableur les heures que vous passez sur un projet depuis le premier contact avec votre client jusque la réception provisoire, sans oublier tous les frais et accessoires?

Je me suis amusé à faire cet exercice et j'ai vu avec stupéfaction que j'avais travaillé avec enthousiasme pour... 15 € brut l'heure ! Les frais de dossier, les déplacements, les amortissements du matériel, des ordinateurs, des logiciels, les réunions en soirée, celles sur le chantier, la cotisation, l'assurance, le chauffage, etc., je n'avais rien oublié.

C'est après ce constat que mes contrats d'honoraires se sont durcis avec, par exemple :

  • Au delà de 3 avant projets différents, travail en régie à 70 €/H
  • Si les délais des entreprises sont dépassés, travail en régie,...
  • Possibilité de rompre le contrat si le maître d'ouvrage s'obstine à vouloir son entrepreneur le moins cher, mais aussi le moins fiable;
  • En cas de faillite, travail en régie pour l'état des lieux;
  • Même si je suis ingénieur, le calcul des bétons armés est un supplément;
  • La coordination santé et sécurité également;
  • Tout ce qui tourne autour de la PEB aussi;
  • Etc...

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Commentaires : 3
  • #1

    Benoit CUSTERS (vendredi, 16 novembre 2012 11:44)

    Au moins l'aurez-vous fait avec enthousiasme : c'est une maigre satisfaction qui ne nous est pas toujours octroyée. Le pire, c'est que l'évolution de la législation et de la règlementation est orientée vers un consumérisme incompatible avec la notion d'ordre public qui est attachée à notre profession, laquelle suppose une notion de socle de services et, partant, de rémunération. Pas besoin d'etre devin pour savoir que les conditions d'exercice de notre profession ne s'amélioreront pas de sitôt. Le CWATUPE n'y étant pour rien, pour une fois, car il encadre une évolution sociétale mais ni ne la crée ni ne l'alimente.

  • #2

    Bernard Nizet (lundi, 26 novembre 2012 10:28)

    L'ordre public doit primer sur le consumérisme. La société nous a confié la sauvegarde de l'intérêt général et celle du profane dans l'acte de bâtir. Cela implique de lourdes responsabilités dans le chef des architectes. Dès lors, il me paraît équitable qu'ils obtiennent l'indépendance et les moyens nécessaires pour ce faire (encore faudrait-il qu'ils les réclament). En ce qui concerne notre profession, il n'y a pas d'incompatibilité entre le consumérisme et l'ordre public, mais un manque d'adéquation entre le système légitime qui fonde notre profession et les nouvelles législations trop contraignantes. Le bon fonctionnement du système nécessite l'adhésion et l'implication de la majorité des architectes. Lorsqu'il est mis en péril, l'Ordre, les associations professionnelles et les architectes doivent monter au créneau pour le préserver ou le faire évoluer. Apparemment, ils préfèrent donner le change ou faire comme si de rien n'était. Dans ces conditions, l'intérêt de la profession en considération de l'intérêt général n'est plus pris en compte. Nos droits professionnels sont bafoués dans le plus grand silence. La profession d'architecte, c'est devenu chacun pour soi au détriment de l'intérêt général et du profane pour le plus grand profit d'une élite.

  • #3

    aralg (samedi, 16 novembre 2013 12:10)

    Le comité juridique de l'ARALg a analysé les contrats d'architecture et propose toute une série de points à ne pas négliger tels que le budget, la mission, le contrôle, etc.
    De même, comment rédiger un P.V. de chantier, c'est aussi une question sur laquelle le comité s'est penché.
    Jean GLAUDE